
Description
Ouvert en 2013 par la famille Chevalier, ce projet privé coïncide symboliquement avec la décision du gouvernement espagnol d'accorder la nationalité aux descendants des séfarades expulsés en 1492. Le timing n'est pas anodin : Granada fut précisément le lieu de signature du décret d'expulsion par les Rois Catholiques.
L'exposition reconstitue la vie quotidienne de cette communauté qui vécut dans la ville pendant plus de quinze siècles. On découvre des objets rituels, une cuisine entièrement équipée de céramiques d'époque, et un petit patio aménagé dans le style séfarade. Les cartes anciennes de la ville révèlent l'importance du quartier juif, alors appelé Garnata al-Yahud.
Ce qui frappe, c'est l'attention portée aux personnages qui marquèrent l'histoire locale. Samuel Ibn Nagrella, par exemple, dota la ville d'un système de bains publics. Yehudá Ibn Tibon fut à la fois médecin, traducteur et poète. Ces figures illustrent l'âge d'or des juifs andalous, bien loin des clichés sur une coexistence toujours harmonieuse.
La visite se complète d'une bibliothèque spécialisée et d'une approche "miniature" des anciens lieux de culte et de commerce. L'audioguide permet d'approfondir certains aspects historiques, particulièrement utile pour comprendre les nuances de cette période complexe.
Le musée propose également des visites guidées du Realejo, ce qui permet de situer les explications dans leur contexte géographique. Marcher dans ces ruelles aux pieds de l'Alhambra aide à visualiser ce qu'était la Granada judía avant 1492.
L'ensemble reste modeste par sa taille, mais cette échelle humaine convient bien au sujet. On n'y passe pas des heures, mais on en ressort avec une meilleure compréhension de cette communauté souvent méconnue. Le fait qu'il s'agisse d'une initiative privée se ressent dans l'approche personnelle des présentations, moins institutionnelle que dans d'autres musées similaires.
Información adicional
par personne
Prix total des audioguides




