
Description
J'avoue que la première fois que j'y suis entré, j'ai été surpris par l'atmosphère qui règne dans ces salles voûtées. Les rayons de lumière filtrent par les petites ouvertures en forme d'étoiles au plafond, créant une ambiance presque mystique. On comprend vite pourquoi ces bains étaient bien plus qu'un simple lieu d'hygiène pour la communauté musulmane du XIe siècle.
Le Bañuelo fut construit sous les Zirides, probablement sur ordre du vizir juif Ibn Nagrela, dans ce qui était alors le barrio de Ajsaris. À l'époque, Grenade comptait une vingtaine de hammams publics, sans compter les luxueux bains de l'Alhambra. Celui-ci était rattaché à la mosquée du Nogal et servait tout le quartier.
La structure suit le modèle classique des thermes romains, adapté aux besoins musulmans. On traverse d'abord le vestibule avec son bassin carré, puis on accède aux trois salles principales : froide, tiède et chaude. La salle centrale est particulièrement impressionnante avec ses dix colonnes surmontées de chapiteaux d'époques diverses - certains romains, d'autres wisigoths ou califaux. C'est un véritable catalogue de l'histoire architecturale andalouse.
L'histoire moderne du lieu est tout aussi fascinante. Après l'interdiction des bains par Philippe II, l'édifice servit de lavoir public pendant des siècles. Au XIXe siècle, il était pratiquement en ruines quand Gonzalo Enríquez de Luna le sauva de la démolition. Plus tard, Leopoldo Torres Balbás l'acquit avec l'argent des entrées de l'Alhambra pour le restaurer.
Aujourd'hui, visiter El Bañuelo permet de saisir l'importance de ces lieux dans la vie quotidienne d'Al-Andalus. Une audioguide peut d'ailleurs enrichir la visite en détaillant les techniques de construction et le fonctionnement du système de chauffage par hypocauste. Depuis Plaza Nueva, cinq minutes de marche suffisent pour rejoindre ce témoin discret mais éloquent du Grenade islamique.
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