
Description
L'histoire de cette maison nazarie raconte bien les bouleversements de Grenade. Après la conquête chrétienne, Isabelle la Catholique l'offrit à son fidèle secrétaire Hernando de Zafra. La veuve de celui-ci transforma ensuite les lieux en couvent dominicain, ce qui, paradoxalement, préserva presque intacte l'architecture originale pendant des siècles.
En franchissant l'entrée en chicane - conçue pour protéger l'intimité familiale des regards indiscrets - on accède au patio rectangulaire avec sa petite piscine centrale. Les deux portiques qui se font face au nord et au sud montrent des styles différents : celui du nord conserve de magnifiques colonnes nazaries avec des arcs festonnés, tandis que celui du sud, ajouté au XVe siècle, présente des colonnes almohades. Ce qui m'a le plus frappé, ce sont les fresques murales nazaries encore visibles, une rareté dans les demeures civiles conservées à Grenade.
L'étage supérieur, rajouté au XVe siècle quand la médina se densifiait, garde des traces de décoration peinte et des balustrades en bois sculpté. Certaines pièces exceptionnelles, comme un panneau de plâtre mouluré avec l'inscription "bonheur" en arabe, sont maintenant exposées au musée de l'Alhambra.
Depuis 2014, la Casa Zafra abrite le Centre d'Interprétation de l'Albaicín. Les salles d'exposition permettent de mieux comprendre l'évolution de ce quartier devenu Patrimoine Mondial. Une audioguide complète la visite pour ceux qui veulent approfondir l'histoire architecturale.
Ce qui rend ce lieu attachant, c'est justement son côté résidentiel authentique. On imagine facilement la vie quotidienne autour de ce patio où l'eau de l'alberca, teintée à l'almagre rouge pour éviter les algues, rafraîchissait les journées d'été andalouses. Les celosías encore en place rappellent cette obsession mauresque : voir sans être vu.
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